Charles Camoin

 

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À partir de 1908, sa peinture évolue dans une veine plus expressionniste. Camoin réintroduit le noir dans sa palette. Moins attentive aux détails et à la structure, l’écriture colorée accorde une importance croissante à la gestualité de la touche. Certaines vues de Paris, de Montmartre notamment, où Camoin s’installe en 1908, portent ce même timbre mélancolique que celles contemporaines de Marquet dont il est resté très proche, comme de Matisse d’ailleurs (ex : La place de Clichy, 1910, Art Gallery and museum Kelvingrove, Glasgow ; Le Moulin-Rouge aux fiacres, 1910, Musée des Beaux-Arts de Menton). De cette période date sa liaison avec la femme peintre Émilie Charmy avec laquelle il se rend en Corse (ex : Les calanques de Piana, 1910, Saarland museum, Saarbrüchen) et qui apparaît dans nombre de ses peintures. Durant cette période qui précède la première guerre mondiale, Camoin demeure fidèle à la veine coloriste inaugurée par le fauvisme et reste réfractaire au cubisme.

Tanger et l’autodafé

À la suite de sa rupture avec Charmy, Camoin rejoint Matisse à Tanger où il passe la saison de l’hiver 1912-1913. Auprès de son ami, Camoin retrouve de l’ardeur au travail. Pourtant très admiratif de Delacroix, dont il recopie des passages entiers du Journal, Camoin ne cède pas à la tentation orientaliste. C’est plus l’atmosphère du lieu qui l’intéresse. Il rapporte en effet du Maroc un ensemble de paysages (ex : Plage à Tanger, 1913, Musée des Années Trente, Boulogne-Billancourt) dans lesquels il renonce au noir pour évoluer vers une gamme de teintes beaucoup plus tendres, utilisées en transparence. Cette évolution se confirme à son retour, où il passe la saison dans le Midi entre Marseille, Cassis et Martigues. (Le Canal des Martigues, 1913, Vente Sotheby’s New York, 5 novembre 2004). Une exposition particulière de soixante de ses peintures a lieu Galerie Druet au début de l’année 1914. Mais en juin, Camoin détruit une grande partie des toiles – « parmi les plus intéressantes de ce peintre », note Apollinaire (Paris-Journal, 25 juillet 1914) – se trouvant dans son atelier. Il les coupe en morceaux avant de les jeter. Elles sont récupérées et très vite revendues au Marché aux Puces. Par la suite, ces toiles réapparaîtront sur le marché et Camoin refusera d’en accepter la paternité. Il s’ensuivra un procès ainsi qu’une jurisprudence qui donnera raison au peintre et restera célèbre dans le cadre de la propriété intellectuelle.

La rupture de la guerre

Comme pour la plupart des artistes de sa génération qui sont enrôlés, la guerre de 1914-18 marque une rupture dans la carrière de Camoin. Mobilisé, il est d’abord envoyé comme brancardier au front de Vosges puis en 1916 dans les toutes nouvelles sections du camouflage où il peint des toiles au kilomètre. Il partage une abondante correspondance avec Matisse qui lui envoie régulièrement des colis et lui fait part de ses réflexions esthétiques. Au camouflage, il rencontre l’écrivain et marchand Charles Vildrac ainsi que Dunoyer de Segonzac et le poète Léon-Paul Fargue–– avec lesquels il se lie d’amitié. À son retour à la vie civile en 1919, il se réinstalle dans son atelier du 46 rue Lepic à Montmartre et reprend difficilement la peinture, abandonnée pendant plus de quatre années.

L’après-guerre

Camoin se marie en mars 1920 avec Charlotte Prost. Les peintures d’après guerre, de nombreuses vues du Midi, Cannes, Antibes, Aix-en-Provence, ou portraits de sa femme (ex : Lola à l’ombrelle jaune, 1920, Musée Cantini, Marseille), renouent avec la délicatesse de la période tangeroise. Cette qualité de lumière ainsi que l’atmosphère intimiste qui s’en dégage est très proche des peintures contemporaines de Matisse, son voisin, installé à Nice depuis 1917. C’est d’ailleurs ensemble qu’ils rendent visite au vieux Renoir à Cagnes, en novembre 1918. L’admiration de Camoin pour la peinture de Renoir, partagée par nombre d’artistes de sa génération, notamment Matisse et Picasso, ne cessera de se faire désormais sentir dans son œuvre. Son empreinte sera en effet particulièrement sensible dans nombre de portraits et natures mortes (ex : La Coupe Bleue, 1930, MNAM, Paris) dans lesquels Camoin cherche à atteindre la joliesse et la qualité de touche si caractéristique de Renoir. Après-guerre, Camoin affirme de plus en plus son goût pour une peinture sensuelle voluptueuse et spontanée dénuée de toute prétention intellectuelle.

+ Manguin et Seurat et tout çà!!!! (Signac… )

Henri Martin serait fier de moi    🙂    (ca me rappelle DJ aussi,)